Par Nataly St-Gelais nataly@sportsjuniors.com
Il passera encore une fois son tour. Raffaele D'Orso, gardien de but des Foreurs de Val d'Or, a encore vécu une forte déception tout recemment quand il a appris que son nom n'apparaissait pas sur la liste préliminaire des gardiens nord-américains en prévision du repêchage de la Ligue nationale de hockey.
Aucune surprise
Rejoint à Val-d'Or, D'Orso ne semblait pas attristé par la nouvelle. " C'est sûr que je suis déçu, mais je ne suis pas surpris. L'an dernier, la majorité des recruteurs de la LNH m'ont parlé de ma grandeur et je crois que ce fut un facteur déterminant", a expliqué Raffaele D'Orso. "Je vais me servir de cette déception comme source de motivation et essayer de prouver à tous les recruteurs qu'ils se sont trompés. Dans le passé, plusieurs gardiens n'étaient pas inscrits sur cette liste et ils ont été repêchés quand même", a mentionné, l'athlète de cinq pieds et dix pouces.
D'Orso affiche de bonnes statistiques même si le contexte n'est pas facile avec les Foreurs. En 45 parties, il a compilé un dossier de 18 victoires et 20 défaites avec une moyenne de buts alloués de 3,01 et un pourcentage d'efficacité de ,909. " Quand je compare mon pourcentage d'efficacité avec les autres gardiens qui apparaissent sur la liste de la LNH, le mien est supérieur à eux, et ce, même si j'évolue avec une défensive très jeune devant moi, " a indiqué le gardien.
Que se passe t'il ?
La taille semble un facteur important pour les recruteurs de la LNH, car seulement sept gardiens répertoriés sur la liste de 40 mesurent moins de six pieds. Pourtant les recruteurs disent que ce n'est pas un critère établie, mais plusieurs formations exigent à avoir des gardiens plus grands mais d'autres équipes auront aucune exigences en ce genre. Pour des raisons difficiles à cerner, notre hockey mineur ne parvient plus à produire des gardiens de très haut niveau. Au cours des 20 dernières années, il s'agissait pourtant d'une marque de commerce du hockey québécois.
Il est facile de constater que la lignée des Patrick Roy, Martin Brodeur, Emmanuel Fernandez, Jean-Sébastien Giguère, Roberto Luongo et Marc-André Fleury tire à sa fin. Il faut se rendre à l'évidence, qu'en terme de développement, ce sont les pays européens qui ont pris le haut du pavé. C'est ce qui expliquerait que depuis 2004, six gardiens européens ont été sélectionnés au cours des deux premières rondes du repêchage, comparativement à un seul du Québec, Jonathan Bernier, première ronde en 2006 par les Kings.
Le développement, un problème
Comment expliquer ce phénomène? C'est difficile à dire. On n'accorde peut-être plus autant d'attention au développement des gardiens. "En Europe, il y a un entraîneur chargé de superviser le développement des gardiens à tous les niveaux. Chez nous, le développement des gardiens repose sur les parents, qui inscrivent leurs enfants dans des écoles de hockey à gauche et à droite. Là-dessus, nous n'avons pas de plan directeur," explique Pierre Leduc directeur des recruteurs dans la LHJMQ. Une autre hypothèse est envisagée. "Les gardiens québécois dotés de gros gabarit sont moins nombreux. Peut-être est-ce en raison d'un changement de style de jeu, mais les équipes recherchent des gardiens plus agiles et rapides et ça défavorise sans doute les grands et gros gardiens, qui ont plus de difficulté avec leurs déplacements lorsqu'ils sont jeunes, " conclu M. Leduc.
Raffaele D'Orso n'est pas le seul dans ce cas au Québec. D'ici la fin de la saison, le Léonardois tentera d'aider son équipe à participer aux séries éliminatoires. Il aimerait bien que les Foreurs causent une surprise en première ronde et ainsi faire ravaler les paroles aux dépisteurs de la LNH. Le portier des Foreurs n'a jamais perdu son sourire ni sa confiance. Son obstination, et les circonstances, vont peut être inversé sa trajectoire et l'anonyme deviendra héros.